Archives par mot-clé : Sexualité

Giuseppe Lo Piccolo : du trauma au photolangage®

Ce texte présente la méthode Photolangage®dans la clinique des agirs adolescents. Il montre comment se dispositif favorise les processus de liaison et de symbolisation en situation groupale, ainsi que les effets d’une double contenance des mouvements pulsionnels, permettant la figurabilité des traces traumatiques liées aux expériences non symbolisées.

Adolescence, 2019, 37, 1, 97-110.

Anaïs Lotte : féminin, violence et défiguration

À travers la rencontre avec une adolescente passée à l’acte violemment au visage, nous pensons la place du visage puis celle du mouvement de défiguration dans le processus de sexuation de l’adolescente. Dans la continuité du corps, le visage est soumis à la violence du pubertaire et à l’exigence du travail de féminin. L’empêchement à intégrer un visage sexué peut entraîner des angoisses de défiguration et des défenses attachées au visage ou encore des violences agies dans la défiguration.

Adolescence, 2019, 37, 1, 85-95.

Benoît Servant : « confusion des sentiments »

À propos de deux vignettes cliniques (l’une issue d’une psychothérapie institutionnelle, l’autre d’une cure individuelle), l’auteur s’interroge sur les enjeux sous-jacents à l’exercice d’une sexualité apparemment « libérée » chez deux grands adolescents : dépendance serrée et mutuelle à la mère, défaut d’intériorisation d’imagos parentales qui permettraient une authentique individuation. Il en souligne les conséquences psychopathologiques et thérapeutiques.

Adolescence, 2019, 37, 1, 23-31.

Michael Chocron, Hélène Krieger-Denou : autismes et processus adolescent

Dans le cadre des autismes peu de travaux se sont intéressés jusqu’à présent à essayer de caractériser comment le processus adolescent agit sur ces sujets. Dans cet article, nous proposons une lecture de certains concepts fondamentaux issus de l’œuvre de Freud et Philippe Gutton concernant l’adolescence à l’aune des connaissances concernant l’autisme en se basant sur les travaux de G. Haag, R. Roussillon, D. Meltzer, M. Rhode et D. Anzieu qui permettent d’appréhender le fonctionnement archaïque.

Adolescence, 2018, 36, 2, 363-378.

Jacques Dayan : le puzzle de la délinquance des jeunes filles : un champ de recherches ouvert

Peu de délits sont établis chez les jeunes filles relativement à leurs homologues masculins. Délits et crimes ne sont toutefois pas les seules formes d’expression de la violence et de la transgression auxquelles sont confrontées, passivement ou activement, les jeunes filles. Ces formes diverses questionnent la spécificité féminine de certains modes transgressifs, violents et non-violents, et leur traitement socio-judiciaire. Ce puzzle sémiologique est un champ ouvert à la recherche.

Adolescence, 2018, 36, 1, 13-21.

Élise ricadat : Adolescence, cancer et amours

Dans le contexte de maladie grave, les spécificités propres au travail d’adolescence ordinaire se voient teintées de problématiques inhérentes au corps malade, notamment l’emprise de la dimension biologique et du caractère létal. Deux romans parus récemment permettent de saisir comment les configurations psychique et fantasmatique qui en découlent infiltrent les réorganisations pubertaires au cœur desquelles figurent les questions du sexuel, de la sexualité et des relations amoureuses à l’adolescence.

Adolescence, 2016, 34, 3, 645-650.

Thomas Aichhorn : « freud avant freud », à propos du lycéen sigismund/sigmund freud

En se centrant sur l’époque du collège et du lycée, l’auteur revient sur l’adolescence de Freud en utilisant des textes ou des documents inédits en France. Ces documents, comme les pensées éparses incrites dans le journal scolaire du jeune Freud, inscrivent également Freud dans le contexte politique de son temps. L’hypothèse centrale de cet article fait de Freud un adolescent confronté à des passions intenses, qui s’articulent avec certaines découvertes liées aux fondements de la psychanalyse.

Adolescence, 2014, 32, 3, 621-640.

Jean Laplanche : pulsion et instinct

Les notions métapsychologiques de pulsion et d’instinct doivent être soigneusement distinguées. Elles le sont dans l’allemand de Freud, qui utilise les termes Instinkt et Trieb de façon absolument différenciée. Elles ont été toujours confondues dans la psychanalyse depuis la traduction anglaise syncrétique de Strachey par instinct. L’instinct et la pulsion s’opposent, chez l’homme : par le caractère inné et adapté d’un côté, acquis (précocément) polymorphe et anarchique de l’autre côté. La recherche de l’apaisement (instinct) s’oppose à la recherche de l’excitation (pulsion).
Chez l’homme, il existe des comportements instinctuels d’autoconservation, dont la théorie de l’attachement a montré l’étendue, la précocité (compétences) et le caractère intersubjectif. En revanche dans le domaine sexuel, l’instinct n’apparaît qu’à la prépuberté ou la puberté. C’est dans le « silence » de l’instinct sexuel, entre la naissance et la puberté, que surgit et se développe la pulsion sexuelle. Elle le fait en étayage sur l’instinct d’autoconservation par le processus de la séduction généralisée.
À la puberté, l’instinct sexuel doit composer avec la pulsion infantile, qui a déjà « occupé la place ».
C’est la pulsion sexuelle infantile refoulée dans l’inconscient qui est l’objet de la psychanalyse.

Yassaman Montazami-Ramade : les noces de sang. adolescents, soldats et martyrs en iran

Suite à l’effondrement des utopies révolutionnaires, les adolescents iraniens développent à travers leur rôle actif en tant qu’engagés volontaires dans la guerre Iran-Irak, une “ culture de mort ” où la recherche d’une identité de martyr se substitue à un processus de subjectivation.

L’idéologie islamiste et le fanatisme de guerre induisent des comportements de repli narcissique qui empêchent ces jeunes d’accéder à la dimension de sexualité adulte et par là de s’approprier un discours au sein d’une société répressive.

À travers le cas clinique d’un ancien adolescent-soldat iranien, cet article tente de montrer comment cette guerre est devenue la seule réponse sous forme d’impasse au processus d’adolescence pour des milliers de jeunes Iraniens.

 

Marika Moisseeff : le monstre comme symbole de l’horreur maternelle

La sexualité des adolescents est devenue l’objet de toutes les attentions : il paraît essentiel, aujourd’hui, d’en prévenir les conséquences fâcheuses, au rang desquelles la grossesse occupe une place de choix. Or la métamorphose des adolescents en virtuels procréateurs et la maternité sont justement des sujets de prédilection dans les séries américaines qui leur sont destinées. La fonction procréatrice féminine y est présentée comme un phénomène parasitaire potentiellement mortel, force démoniaque qui menace l’humanité. Le héros rédempteur est féminin et sa trajectoire est comparable à un rite d’initiation.