Archives par mot-clé : Puberté

François Duparc : Une nouvelle naissance

L’adolescence est une seconde naissance, avec toute la résonance traumatique qu’elle peut induire chez les parents. De plus en plus précoce de nos jours, le début de la puberté est un moment précieux pour la prise en charge analytique d’un risque psychotique. La seconde phase, naissance symbolique à la vie adulte, doit être celle de l’intégration des agirs, de la masturbation et des limites, dans une identité ouverte à l’amour grâce au deuil de l’enfance et des objets œdipiens.

Adolescence, 2017, 35, 1, 83-100.

Élise ricadat : Adolescence, cancer et amours

Dans le contexte de maladie grave, les spécificités propres au travail d’adolescence ordinaire se voient teintées de problématiques inhérentes au corps malade, notamment l’emprise de la dimension biologique et du caractère létal. Deux romans parus récemment permettent de saisir comment les configurations psychique et fantasmatique qui en découlent infiltrent les réorganisations pubertaires au cœur desquelles figurent les questions du sexuel, de la sexualité et des relations amoureuses à l’adolescence.

Adolescence, 2016, 34, 3, 645-650.

Alix Bernard : Subjectivation du handicap

À travers l’évocation de deux patients sourds, ce texte propose de réfléchir à la subjectivation du handicap à l’adolescence. Ce processus semble étroitement lié à la capacité de l’environnement à accueillir le désir d’autonomie et l’altérité de l’enfant, à le laisser rencontrer de nouveaux objets d’amour et également des pairs. Cette condition permet au sujet de passer d’un corps potentiellement à réhabiliter à un corps désirant et d’intégrer le handicap comme partie de son être et de son histoire.

Adolescence, 2016, 34, 3, 499-510.

Benoît Maillard, Pierrick Brient : L’impasse du savoir sur le sexuel.

Si J. Lacan a peu abordé la thématique de l’adolescence en tant que telle, son analyse du cas Dora permet de souligner trois caractéristiques du processus adolescent : l’impact traumatique de la rencontre du désir de l’Autre, la tentative de recouvrement du sexuel par le savoir et la quête d’une stabilité identificatoire quant à une position sexuée. Cette mise en défaut du savoir à l’adolescence renvoie à l’incomplétude structurale du symbolique et à une part de réel qui ne peut pas y être résorbée.

Adolescence, 2016, 34, 2, 319-331.

Alain Vanier : un retour sur l’adolescence

En reprenant la question de l’adolescence comme phénomène social et subjectif avec D. W. Winnicott et J. Lacan, ce texte tente de préciser ce qui est en jeu dans ce temps-là, à savoir une articulation nouvelle de la jouissance et du corps à partir des « trois tours de la métaphore paternelle », c’est-à-dire de l’Œdipe.

Adolescence, 2016, 34, 2,251-260.

Olivier Ouvry : Lacan, théoricien du pubertaire ?

Nous explorons en quoi J. Lacan peut être un théoricien du pubertaire à son insu, à l’instar de ce que Freud a pu faire lorsqu’il s’est intéressé à la jeune fille dans la période infantile. À son insu donc, par le fait d’un changement de paradigme dans sa théorie, entre le Livre V du Séminaire et l’existence d’un Autre de l’Autre, et le Livre VI où il n’y a pas d’Autre de l’Autre. Notre exploration s’étaie sur une conférence de J.-A. Miller en 2013 : « L’Autre sans Autre ».

Adolescence, 2016, 34, 2, 239-250.

Chantal Lheureux-Davidse : sensorialité et conquête du moi corporel chez de jeunes autistes

L’accompagnement des nouveaux éprouvés corporels et de leurs fluctuations au moment du passage pubertaire chez les jeunes autistes permet d’ouvrir de nouvelles modalités d’apaisement face à l’effraction pulsionnelle. Le passage pubertaire qui donne l’occasion d’un éveil sensoriel dans le bas du corps peut ainsi participer à relancer la construction d’un moi corporel inachevé et rend par la suite le jeune autiste plus disponible à un intérêt spontané pour la relation aux autres.

Adolescence, 2014, 32, 4, 809-833.

Florence Guignard : y a-t-il une spécificité de la formation à l’exercice psychanalytique avec l’adolescent ?

Pour tenter de répondre à la question posée, l’auteur propose une réflexion sur l’évolution des caractéristiques des enfants et des adolescents au cours de ces quinze dernières années en Occident, et notamment en France. Elle conclut à un effacement progressif des caractéristiques respectives de la période de latence, de la puberté et de la deuxième période d’adolescence. Cette conclusion est lourde de conséquences, en ce qu’elle remet en cause toute la constitution du refoulement et du biphasisme des identifications post-œdipiennes décrites par Freud.
Du point de vue de la formation actuelle du psychanalyste en général, elle propose comme modéle technique princeps celui de la cure d’enfants, installant dans la foulée celui de la cure d’adolescent, sans les opposer davantage l’un à l’autre que ne le sont les structures psychiques des sujets auxquels s’adressent ces modèles.

Colette Chiland : transsexualisme et homosexualité à la puberté

L’auteur traite de la question des relations entre l’homosexualité et les troubles de l’identité sexuée au moment du tournant que marque la puberté. L’homosexualité ne comporte pas, dans la grande majorité des cas un refus du sexe d’assignation. Le refus du sexe d’assignation s’accompagne souvent d’un attrait pour les personnes du même sexe biologique, mais que le sujet ne considère pas comme homosexuel : cet attrait est la conséquence de son “ vrai sexe ” opposé à son sexe biologique. La pratique sexuelle des transsexuels féminin vers masculin est différente de celles des homosexuelles ; celle des transsexuels masculin vers féminin est différente de celle des homosexuels passifs.

À la puberté, le refus du sexe d’assignation s’accroît ou se révèle ; c’est aussi à la puberté que l’homosexualité prend une forme plus concrète ou apparaît, bien qu’il y ait dans les deux cas des “ vocations tardives ”.

L’étiologie du transsexualisme comme celle de l’homosexualité est incertaine. il ne faut pas se précipiter pour étiqueter homosexuel un adolescent qui a des expériences homosexuelles et pour opérer un adolescent qui en exprime le désir.

 

François Richard : un remords de proust. contribution à la théorie psychanalytique de la création

Dans cet article est faite l’hypothèse que l’on trouve dans l’ensemble de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust les traces d’une censure portant sur l’émergence de la sexualité pubertaire. Explicitement évoqué dans Contre Sainte-Beuve, le moment de découverte de la nouveauté pubertaire ne réapparaît ensuite que de façon voilée dans La Recherche. De cette censure et de ce remords, l’œuvre cherche à en réparer les effets destructeurs par une esthétique spécifique dont l’économie libidinale est ici analysée (en particulier le fantasme d’“ homme-lesbien ”, un certain fétichisme, et la métaphorisation permanente de l’angoisse de castration). Un regard nouveau peut alors être porté sur les apories proustiennes bien connues concernant la temporalité.