Archives par mot-clé : Psychanalyse

Olivier Douville : l’appel au djihad

Ce texte présente comment un psychanalyste écoute, à Paris, la façon dont des jeunes gens, filles et garçons, sont séduits par l’appel au djihad. Ces jeunes personnes ne sont pas des fanatiques. Ils viennent rencontrer un psychanalyste sur le conseil de certains de leurs amis ou de membres de leurs familles. L’auteur de ce texte décrit les troubles de l’identité et les blessures psychologiques importantes, mais aussi les idéaux et les espoirs de ces jeunes.

Adolescence, 2018, 36, 2, 291-303.

Jean-Jacques Rassial, Fanny Chevalier : l’adolescence et l’échec d’œdipe

La théorie de J. Lacan passe par une critique des approches psychogénétiques de l’Œdipe. L’accent mis sur le Père et la castration accentue en fait le privilège donné par Freud à une approche phylogénétique. L’adolescence, moment de la déception des promesses œdipiennes, quand il s’avère que la génitalité n’assure pas un rapport à l’Autre, témoigne de cette réduction de la place donnée à l’Œdipe comme analyseur des processus adolescents.

Adolescence, 2016, 34, 2, 261-270.

Cynthia Fleury : le protocole de l’analyse à l’épreuve du numérique

Quelle est la place des nouvelles technologies de la communication dans le protocole analytique ? Est-il possible d’effectuer un travail analytique, voire de faire une « séance » par voie numérique alors que celle-ci est par nature à l’abri des rapports sociaux classiques et des formes de pression et de domination habituelles ? La scénographie analytique est garante de la cessation des modes panoptiques. Quelles sont les conditions « numériques » de possibilité de la cure analytique ?

Brigitte Leroy-Viémon, Frédérique Decocq, Jeanine Chamond, Corinne Gal : sport et psychothérapie phénoménologique

À partir d’une étude de cas, les auteurs montrent la valeur opératoire d’un dispositif thérapeutique psychophénoménologique articulant une instance phénoménologique, où s’élabore un travail enactif du processus originaire par et dans le mouvement, et une instance psychanalytique où s’effectue la mise en représentation des processus primaire et secondaire. Cette proposition psychothérapique permet à l’adolescent, enfermé dans des passages à l’acte, une métabolisation originale de son agressivité.

Adolescence, 2014, 32, 2, 363-376.

Pascal Mettens : l’infans ne serait-il plus ce qu’il était ? Une approche étymologique

En procédant à une analyse étymologique du terme infans issu de la pensée lacanienne, l’auteur montre en quoi la question de l’accession au langage, mise à l’avant-plan des préoccupations structuralistes, occulte celle de l’émergence au symbolique, entendu dans une perspective anthropologique plus large. Ainsi resituée, la résolution du complexe d’Œdipe n’apparaît chez l’enfant que comme le renoncement à une mauvaise fortune (cens) et la soumission à un règlement auxquels il ne peut qu’objecter parce qu’ils le privent de sa liberté ; par contre, l’Œdipe ne prendra socialement sens qu’après-coup à l’adolescence, dans une reviviscence qui ne sera pas abordée ici.

Jean-Jacques Rassial : de la structure au sinthôme

Le statut métapsychologique de l’adolescence comme concept psychanalytique prend sens avec la définition de l’opération adolescente, déjà développée par l’auteur dans ses travaux antérieurs.
Dès lors, la clinique témoigne de l’insuffisance, d’une part des conceptions classiques selon lesquelles l’adolescence se conçoit comme répétition des processus infantiles et dans lesquelles l’usage de la notion de symptôme pousse à la multiplication des profils de personnalité dans la classe nouvelle en psychopathologie des états limites, d’autre part de l’approche décrite dans la structure du nœud borroméen proposé par Lacan.
À l’appui de ses derniers travaux sur l’état limite conçu comme « état » et non comme structure, qui peut donc atteindre toute structure, et qui porte précisément sur la limite, l’auteur insiste sur la distinction entre conduites et symptômes à l’adolescence, propose de considérer l’adolescence comme moment de construction logique du sinthôme, et les états limites comme des états, provisoires ou figés, et particulièrement instables de ce sinthôme. Il termine ici par l’examen des qualités de ce sinthôme adolescent.

Olivier Ouvry : desire for clinical work

By attempting to clarify the terms paranoid and paranoia in adolescence, we propose to show how a logical approach, introduced by the structural approach, may be articulated with the very movement of the adolescent process. This centers on notion of the « empty box », as it may be encountered in conceptions of the Feminine and the pubertary real.
The theoretical principles of structuralism, the analytical theorization of the pubertary process and psychiatric nosology will be discussed, with the aim, beyond its apparent complexity, of articulating a set of elements that could make them intelligible to one another.

Adolescence, 2008, T. 26, n°3, pp. 627-640.

Moses Laufer, M. Eglé Läufer : Psychoanalyse à l’adolescence

Les auteurs défendent l’idée que la psychanalyse est le traitement de choix pour les adolescents gravement perturbés. Leur approche est centrée sur la cassure du développement survenue à la suite des transformations pubertaires et qui mène à un état pathologique. Ce breakdown empêche l ’intégration progressive du corps sexuellement mature dans la réalité psychique de l’adolescent et conditionne ainsi une rupture dans la relation à la réalité. Ces adolescents présentent un fonctionnement psychotique défensif sans qu’il s’agisse d’une psychose avérée. La cassure de développement serait revécue dans l’analyse sous forme de « cassure de transfert ». Traitement long et difficile, mais peut-être meilleure « seconde chance » offerte aux adolescents gravement malades.

Marilia Aisenstein : Contre un certain morcellement de la psychanalyse comme de la vie

Même s’il existe une spécificité des modalités de prise en charge de certains patients (limites, par exemple) et notamment des adolescents, l’auteur insiste sur l’importance pour tout thérapeute analyste de se référer à un seul et mime modèle théorico-clinique et de posséder une connaissance du coeur de la discipline : le modèle de la névrose.
Une formation longue et approfondie en psychanalyse doit précéder toute spécialisation trop hâtive.

Arnoldo Novelletto : analogies et différences entre l’analyse de l’enfant et l’analyse de l’adolescent

L’auteur aborde la question de la spécificité des traitements d’adolescents à travers un cas clinique : un enfant analysé demande à reprendre un traitement à l’adolescence. Cette demande est examinée surtout du point de vue de la dynamique du transfert et du contre-transfert, qui donne aux deux situations un caractère très différent. Le but de cet article est de contribuer au progrès de la psychanalyse de l’adolescent et de mettre en relief les analogies et les différences avec la psychanalyse de l’enfant.