Archives par mot-clé : Incestuel

Didier Drieu : automutilations, traumatophilie et enjeux transgénérationnels à l’adolescence

Si les automutilations rendent compte de stratégies paradoxales pour faire taire les excitations pubertaires à l’adolescence, elles viennent aussi témoigner de tendances traumatophiliques à l’œuvre dans un contexte de filiation narcissique. L’histoire du cas de Théo nous montre l’importance qu’il y a à reconnaître les liens d’interdépendance entre les parents et le jeune adolescent face à ces enjeux transgénérationnels. En effet, la problématique sous-jacente dans ces conduites ne semble pouvoir s’élaborer que dans la mise en perspective des tensions traumatiques qui fondent l’indifférenciation et la violence dans les liens intergénérationnels.

Isée Bernateau : Sylvie, ou comment se séparer des morts ?

Sylvie, une adolescente suivie en Hôpital de Jour, est dans une préoccupation exclusive des morts. Ceci ne serait pas le signe d’un processus de deuil en cours d’élaboration, ni même d’un lien mélancolique avec un objet déjà perdu, mais témoignerait de l’inclusion cryptique d’un deuil traumatique non élaboré à la génération précédente. Cette inclusion génère un lien incestuel dans la famille que Sylvie tente, au travers de ses questionnements obsédants sur les morts, de métaboliser.

Anne Tassel : de l’infanticide au parricide, une interprétation du passage à l’acte. « comme si le dedans exigeait d’être dehors »

Avec Meurtres dans la famille, Florian Houssier analyse la nécessité  du lien originaire entre l’infanticide, le parricide et le fratricide, désirs inconscients qui constituent les éléments organisateurs et subversifs du lien familial propres à astreindre l’adolescent à en élaborer la fonction transformatrice.

Adolescence, 2013, T. 31, n°3, pp. 745-752.

Véronique Donard : thérèse de lisieux ou la sublimation des pulsions meurtrières

Cet article aborde certains aspects de la fantasmatique de Thérèse de Lisieux lors de sa préadolescence et de sa puberté. Il met à jour des conflits psychiques marqués par la mort et la violence, de même que par la force des affects œdipiens et par une impossible sexualité. Il cherche à montrer que, si la réalité psychique de la « petite Thérèse » est loin de correspondre à l’image édulcorée que l’on s’en fait habituellement, elle ne révèle pas moins la qualité du travail des pulsions de vie et la force d’un remarquable processus de maturation qui sut transformer progressivement une organisation psychique pathologique et mortifère en une dynamique tournée vers la vie.

Adolescence, 2010, T. 28, n°3, pp. 667-684.