Archives par mot-clé : Délinquance

Florian Houssier : boulimie et délinquance : féminin incestuel

L’hypothèse centrale de cet article porte sur l’idée que le conflit central de Lisa, une jeune femme boulimique, mue par des fantasmes omnipotents. Le fonctionnement boulimique de Lisa implique une perte des limites soi/non-soi provoquant des franchissements de la loi. Sa complicité incestuelle avec sa mère nous amène à explorer la problématique de personnalisation-différenciation caractérisant le travail de subjectivation d’une adolescente et ses incidences sur la construction de sa féminité.

Adolescence, 2018, 36, 1, 85-96.

Zohra Guerraoui, Denis Pelissie, Françoise Gouzvinski : mineurs incarcérés : honte et souffrance identitaire

Cet article porte sur des adolescents incarcérés issus de la migration. L’analyse de leur discours a mis en exergue leur sentiment de rejet par la société, leur honte à être soi et leur souffrance identitaire. La légitimation de leur parole au sein d’un groupe d’expression a ouvert la voie à une rencontre et leur a permis d’avancer dans la mise en sens de leurs transgressions et de leur histoire. Ils ont ainsi pu opérer des réaménagements psychiques afin d’élaborer leur compromis culturel, susceptible de les réconcilier avec leurs multiples affiliations.

Adolescence, 2018, 36, 1, 57-67.

Marie Choquet, Michel Askevis : qui sont les adolescents fugueurs ?

À partir d’une enquête épidémiologique en population générale scolaire, 450 jeunes de l’enseignement public secondaire qui se décrivent comme fugueurs ont été comparés à 11 734 jeunes qui n’avaient pas fugué.

La fugue est associée à du “ mal-être psychologique ” et à des violences subies et agies ; le fugueur est aussi suicidant, violent, délinquant et il abuse de produits licites comme illicites. Le fugueur cherche de l’aide et consulte, il reste à trouver les prises en charge multifocales face à la diversité des manifestations exprimées : fugue, tentative de suicide, délinquance et abus de produits licites comme illicites.

 

Jacques Bourquin : une histoire qui se répète. les centres fermés pour mineurs délinquants

Cet article, à partir de l’ambivalence du regard porté sur le mineur délinquant, montre, combien suivant les périodes, on privilégie soit la prévention, l’éducation, soit, parce qu’on le perçoit plus dans sa dangerosité sociale, l’exclusion, l’enfermement.

 

Une histoire qui se joue en permanence autour de la question des institutions « ouvertes » ou « fermées ».

Denis Salas : (ré) incarner la loi éducative

Cet article traite des relations des jeunes des quartiers d’habitat social et de leur famille avec la loi. La régulation de leur vie par des normes inédites et infra légales vient s’interposer et reléguer la norme officielle au second plan. Elle devient étrangère, menaçante et inhospitalière. De sorte que la justice des mineurs doit travailler avec cet écart grandissant pour éviter le risque de basculer dans la violence répressive.

Anne Winter, Loïck M. Villerbu : de l’adolescence dite « délinquante » : un autre paradigme du lien ?

Régulièrement, la littérature intéressée par la délinquance au temps de l’adolescence convoque la défaillance de l’instance paternelle comme explicative des transgressions du lien social. Ce sont là les héritages d’une tradition théorique qui a témoigné à maintes reprises des effets de la triangulation œdipienne, paradigmatique des relations affectives et sociales. Or, un pan de la clinique montre aujourd’hui tout le poids d’une dynamique de l’échange soumise à une injonction paritaire, que l’on ne saurait négliger. Sous-tendue par le narcissisme, elle prend le pas sur la généalogie et confère aux distances et proximités en jeu dans la génération, un rôle certain ; celui de garantir au sujet réciprocité et intégrité, en fondant autrement les valeurs qui sont les siennes.

Adolescence, 2011, T. 29 n°1, pp. 293-304.

Jean-Yves Chagnon, Florian Houssier : l’illusoire attente de la demande

Cet article, en appui sur une brève vignette clinique d’un jeune meurtrier ayant présenté des troubles du comportement à l’adolescence et s’étant vu refuser l’accès aux soins sous prétexte d’absence de demande, vise à discuter et critiquer ce concept. Les auteurs montrent certaines des raisons pour lesquelles il est impossible à ces adolescents d’effectuer une demande verbale de soins, alors que c’est leur comportement lui-même qui a valeur de demande dans son adresse inconsciente à l’autre. Les théorisations qui font l’hypothèse d’une spécificité du langage de l’acte à l’adolescence sont rappelées : elles permettent de penser les dispositifs et aménagements thérapeutiques nécessaires à la prise en charge par l’environnement de la souffrance psychique de ces sujets.

Adolescence, 2013, 30, 4, 919-933.

Jacques Dayan : comprendre la délinquance ?

Délits et crimes sont selon É. Durkheim des acceptions issues de la conscience commune.  Mais comment se forge et se transmet cette conscience ? Qu’est-ce que l’acte délictueux ?  Tout acte antisocial relève-t-il d’une pathologie ? Existe-t-il une épistémologie commune aux champs sociologique et psychologique ? Nous tentons de répondre à ces questions et à leurs implications dans le champ de la justice des mineurs et des soins aux délinquants.

Adolescence, 2013, 30, 4, 881-917.

Luc-Henry Choquet : le flux des mineurs délinquants et ses traductions éducatives

L’examen du flux des mineurs délinquants fait apparaître les grandes tendances résultant de l’activité des différents services concourant à une réponse pénale en augmentation. Mais les résultats de cet examen illustrent surtout la diversification des types de délinquance et des trajectoires procédurales et institutionnelles. Le cas le plus fréquent est celui de mineurs délinquants qui, ayant eu affaire avec l’institution judiciaire une première fois, ne réitèrent pas. A contrario, les mineurs qui ont commis les actes les plus graves ou qui sont fortement « réitérants » sont plus rares. Tous appellent à des prises en charge spécifiques conduites en fonction des caractéristiques des mineurs concernés et de la dynamique psychologique qui sous tend les actes et leurs circonstances.

Adolescence, 2013, 30, 4, 843-855.

Jacques Dayan : enfermement des mineurs délinquants

L’enfermement des mineurs est la plus sévère des figures de la peine, et pour les mineurs la plus péjorative en termes de santé mentale, de développement et de reitération. Les aménagements entrepris dans les Établissements pénitentiaires pour mineurs peuvent-ils réduire les effets d’affiliation et de stigmatisation d’une incarcération ? Les Centres éducatifs fermés tels qu’ils sont construits offrent-ils des perspectives favorables à une entreprise pédagogique ? Celle-ci est-elle concevable sans la prise en compte de la dimension psychique de l’acte antisocial ? Nous examinons ces questions dans ce texte dans les suites de l’examen des étiologies supposées de la délinquance.

Adolescence, 2013, 30, 4, 783-796