Archives par mot-clé : Corps

Vanessa De Matteis, Maurice Corcos : Corps, rythme et création

À partir de rencontres cliniques avec des artistes contemporains (ici Boris), nous explorons la place du corps dans la création, à travers la notion de rythme. Le rythme ne se résoudrait ni à la rythmicité, ni au tempo, ni à la métrique seuls, mais serait un témoignage de l’incarnation du mouvement interne. C’est dans son incarnation que ce rythme existe, arrimé au corps pulsionnel dont il est l’expression. L’œuvre créée vient s’en faire l’écho.

Adolescence, 2017, 35, 1, 187-206.

Stéphanie Haxhe, Marie-Christine De Saint Georges, Pierre Michard, Magda Heireman : don et dette de vie à l’adolescence

L’adolescent récuse la dette de vie et réclame autonomie et considération. Néanmoins, la société actuelle offre à l’adolescent des parents fragilisés. La réalité de l’adolescent contemporain apparaît alors comme une quête en tension entre une nécessaire appropriation de lui-même et des dons discrets à ses parents. Si ces dons ne sont pas reçus et échouent à introduire parents et adolescent à une nouvelle position relationnelle, le risque d’un épuisement de l’adolescent est à prendre en considération.

Adolescence, 2016, 34, 3, 597-606.

Graziella Gilormini, Isée Bernateau : Maladie chronique et subjectivation

L’adolescence est le temps de la métamorphose, de la rencontre avec l’autre. Mais bien avant l’arrivée de la puberté, l’enfant à qui les médecins annoncent un diagnostic de maladie chronique grave est obligé de faire face à l’arrivée d’un étranger inquiétant qui lui tombe dessus : la maladie. Comment s’inscrit la puberté dans un corps déjà marqué par la maladie ? L’avènement du corps sexué ne serait-il pas alors un moyen de véritablement s’approprier son corps malade ?

Adolescence, 2016, 34, 3, 551-561.

David Le Breton : Changer de peau à l’adolescence

Les interventions sur la peau sont des tentatives de remaniement des frontières entre dehors et dedans, un outil de franchissement d’un passage délicat vers l’âge d’homme ou de femme. Coiffure, peau (maquillage, tatouages, piercings, chirurgie esthétique), ou vêtements, chaque jeune est surinformé sur les looks possibles et sur leur réception par les autres. Tentatives de contrôle de l’image de soi ou dans les scarifications par exemple, volonté d’échapper à une identité intolérable.

Adolescence, 2016, 34, 3, 489-498.

Martin Bakero Carrasco, Éric Bidaud : Nom, acte et création.

Ce travail propose à partir de la question « en quoi existe-t-il une crise adolescente du corps ? », de faire jouer les notions d’espace, de regard, de création du nom. Si Internet comme miroir et circulation des profils et images traduit une traversée de cette épreuve à inscrire le dessin des nouvelles figures du Nom du Père, cela ne va pas sans le risque d’un mouvement de contre-culture et du devenir du Père du Nom : les effets de création adolescente.

Adolescence, 2016, 34, 2, 333-345.

Olivier Ouvry, Jacques Dayan : Lacan, le maître de l’écart.

Comment aborder le lien entre les travaux de J. Lacan et la prise en charge des adolescents alors même que l’adolescence est une thématique absente de son œuvre ? Une réponse consiste à substituer au principe du développement celui de structure. Cette substitution, riche d’effets, déplace les interrogations sur le corps – et surtout la puberté et le pubertaire dans le phénomène adolescent – et le langage, utilisé par J. Lacan pour en spécifier les effets sans les nommer.

Adolescence, 2016, 34, 2, 233-238.

Ignacio Melo : passages au corps

Je propose l’hypothèse d’une instance, le corps, qui se situerait entre le somatique et la psyché. Il serait un lieu de représentation tout autant qu’un concept limite, à la manière de la pulsion dont il fait le lit. Je le pense, avant tout, comme un instrument générateur de figurabilité. Grâce à son articulation avec le préconscient, il apporterait une potentialité transformatrice de l’excitation somatique. Cette potentialité, créée à l’intérieur de la relation narcissique avec l’objet primaire, subit des remaniements considérables avec l’avènement du pubertaire.

Olivier Douville : attaques contre le corps ou retour au geste

 

Une clinique de l’automutilation à l’adolescence est possible à la condition de situer l’adolescent comme étant dans une crise phénoménale entre deux corps. Non seulement le corps enfantin et le corps adulte, mais surtout entre le corps des pulsions partielles et le corps phallicisé. La scène des origines du corps humain est psychiquement retrouvée, recréée à ce moment-là. L’auteur fait le pari que la lecture des échanges entre Caillois et Bataille permet d’entrevoir ce qu’est la tension adolescente dans sa subjectivation du corporel.

Claire Maurice : handicap intellectuel et adolescence

La clinique d’adolescents présentant de graves déficiences intellectuelles suscite de nombreuses questions sur les possibilités du travail de l’adolescence dans sa double trajectoire d’accès à la sexualité génitale et de nouvelle donne temporelle dans la mesure où l’accès à la symbolisation semble “ barré ” par des insuffisances instrumentales durables entravant l’ensemble du développement. Réduit le plus souvent à l’espace du tout petit, l’espace-temps du jeune déficient reste, effectivement, marqué par des modalités très archaïques du fonctionnement psychique qui tendent à figer tout déroulement temporel et toute altérité. Pour autant, la sexualité pubertaire n’est pas absente, mais son élaboration prend des chemins décentrés par rapport au paradigme habituel du théâtre névrotique. L’apport de théorisations issues de l’autisme infantile et des travaux contemporains sur la psychosomatique propose un champ de recherche sur l’hétérogénéité des modes de symbolisation que l’on rencontre dans certaines formes de pathologies déficitaires et ouvre l’impasse du seul déficit sur la complexité de ces modes d’organisation, singulièrement au moment de l’adolescence où l’investissement du corps dans ses dimensions pulsionnelle et sensorielle est au premier plan au carrefour du temps de l’autre.

 

Myriam Boubli : le corps protecteur du soma à l’adolescence

S’il n’est pas possible pour un adolescent de se défendre au niveau de son Moi en tolérant la dépression et si les voies du comportement moteur ne s’ouvrent pas, il ne lui reste guère comme solution que la voie de la déliaison somatique signalant des expériences de désubjectivation dues à l’effraction d’excitations pulsionnelles dans un Moi immature. C’est le cas des adolescents trop sages, trop conformistes, chez qui la voie du passage à l’acte est inhibée.