Archives par mot-clé : Contre-transfert

Anne Boisseuil : mouvements temporels dans le processus thérapeutique

Nous nous intéressons aux processus temporels engagés dans une thérapie avec une adolescente. Nous décrivons le mouvement transférentiel au travers de ses temporalités subjectives chez la jeune fille mais aussi chez le thérapeute. Nous élaborons ce processus en trois temps recouvrant la subjectivation de la patiente. Les éprouvés sensoriels, émotionnels et agis dans le contre-transfert seront des points de compréhension et d’historisation inconsciente du processus thérapeutique.

Adolescence, 2018, 36, 2, 349-361.

Samir Fellak : Les balafres identitaires

L’absence ou la porosité des liens aux objets de l’enfance fissure, chez l’adolescent, la potentialité identificatoire et plonge celui-ci dans un insoutenable et inquiétant sentiment d’étrangeté du Moi. Le dispositif psychothérapique permet au patient d’exprimer sa haine à l’endroit de la mère ou du père, dans une relation de transfert sur le psychanalyste donnant une possibilité de rencontre à un autre, identifié comme « étranger », suffisamment différent (sexuellement) et différencié (narcissiquement).

Adolescence, 2017, 35, 2, 325-333.

Bernard Brusset : Le sujet selon Raymond Cahn

Une analyse de la notion de subjectivation, selon R. Cahn (2016), est proposée à partir d’une pratique psychanalytique dans un Centre pour adolescents qu’il a créé (le Cerep). La notion d’état limite est redéfinie en référence à l’adolescence par l’incapacité d’accéder à la position de sujet de sa propre expérience psychique en termes d’être. En découle une conception renouvelée de la pratique psychanalytique qui est précisée, justifiée et distinguée de certaines dérives contemporaines.

Adolescence, 2017, 35, 1, 169-186.

Jérôme Glas : le corps « blessé » de l’analyste

L’auteur montre comment, dans les vécus contre-transférentiels de précessions, le corps blessé de l’analyse peut se donner à être investi comme tenant lieu de représentation de transposition des fantasmes inconscients de castration du patient. Et comment la précession du contre-transfert se doit d’être entendue comme un outil précieux de repérage métapsychologique de la processualité inconsciente, avant même la toute première rencontre analytique.

Adolescence, 2016, 34, 3, 633-644.

Francesca Di Giacomo, Solène Martin, Gaelle Paupe, Hélène Lida-Pulik : collusions et constructions

Dans le dispositif d’accueil des adolescents et de leurs parents à la Maison des Adolescents Yvelines Sud, un des principaux écueils pour les thérapeutes-accueillants est le risque de collusion avec certains mécanismes défensifs des jeunes et/ou de leurs familles. Ces collusions peuvent entraver le travail de narration et de co-construction, au cours des rencontres, à partir des représentations des adolescents, de leur environnement proche, des difficultés dans leur parcours et des ressources sur leur territoire.

Adolescence, 2014, 32, 3, 493-502.

Raymond Cahn : subjectalité et subjectivation

À partir de la distinction freudienne originaire entre sujet du moi et objet du moi et donc entre pôle subjectal et pôle objectal, la subjectalité est conçue comme le processus permettant l’émergence d’un soi créatif et autonome, éclairant, à travers leurs perturbations, certains aspects essentiels du cadre et du contre-transfert conditionnant la possibilité ou non d’un véritable travail psychanalytique.

Isée Bernateau : un contre-transfert amoureux

Un adolescent suivi en hôpital de jour fait preuve d’un comportement transitoire provoquant chez certaines femmes qui s’occupent de lui une hystérisation du contre-transfert. Ce comportement est en lien avec la problématique traumatique sexuelle présente dans sa famille. Il lui permet de remobiliser une pulsionnalité vécue comme menaçante pour son intégrité psychique, et d’intérioriser les composantes féminines de cette pulsionnalité.

Gianluigi Monniello : auto-analyse et traitement de l’adolescent borderline

L’adolescence remet en jeu les parcours du développement précoce et travaille à l’élargissement de l’appareil psychique. À la puberté, l’adolescent est appelé à fournir à soi-même et aux autres une narration stable, bien qu’elle puisse être revue, de son histoire et du temps de l’enfance. Chez l’adolescent borderline, en particulier, les besoins évolutifs activent de façon significative l’angoisse et le conflit.

L’analyste répond alors à la difficile prise de conscience de soi de l’adolescent (difficulté à rendre lisible ses états affectifs à lui-même et aux autres) ainsi qu’à sa perception de ne pas disposer suffisamment de processus psychiques « auto » (sentiment de soi vide et chaotique) par un travail prolongé d’auto-analyse. C’est le point de départ pour connaître et transformer la relation thérapeutique qui risque continuellement de se fermer dans une unité confuse et une fonction miroir interminable.

Jean-Bernard Chapelier : Freud et l’homme aux loups : une scène pubertaire en commun

Le cas de « l’Homme au loups », jeune homme qui a présenté de graves difficultés à l’adolescence est ici revisité à partir du concept de scène pubertaire. En effet à y regarder de près cette scène primitive exhumée par Freud est en fait une scène pubertaire co-construite par Freud et son patient. C’est à partir de cette hypothèse qu’il est possible d’expliquer l’échec de la cure psychanalytique qui laissera l’Homme aux loups face à un breakdown non surmonté. Cette analyse cherche à montrer les effets possibles du pubertaire non analysé de l’analyste sur son patient.