Archives par mot-clé : Acte

Gérard Bonnet : le remords. de l’auto-analyse de freud à la clinique des adolescents

L’auteur s’appuie sur un précédent ouvrage relatant la place du remords dans l’analyse d’un adolescent devenu meurtrier pour relire et réinterpréter la place de cet affect dans les textes où Freud témoigne de son auto-analyse. Il en dégage une théorie implicite, qui rejoint la théorie explicite, à peine ébauchée, et il souligne en particulier la face active et positive de cet affect présenté le plus souvent comme un handicap. Il montre ensuite les différents visages que prend le remords dans la clinique de l’adolescent en partant des principales caractéristiques qui se sont dégagées des analyses précédentes, de façon à en faciliter le repérage, la prise en compte et l’évolution. Cette étude veut aussi contribuer à mieux différencier les affects majeurs et à montrer comment se positionner quand l’un d’entre eux apparaît central et dominant, qu’il s’agisse de la honte, de la culpabilité, de la tristesse ou du remords.

Adrian Vodovosoff : réflexion sur les dimensions de l’acte à l’adolescence à partir du cas clinique d’une jeune fille paranoïaque

Le passage adolescent pose en lui-même la question de l’acte et de ses différentes dimensions, ce que nous abordons dans cet article d’un point de vue clinique. Si l’acte qui sépare le sujet de l’Autre introduit une coupure, il lui permet aussi de trouver une nouvelle position symbolique. Dans cet article nous voudrions réinterroger les dimensions de l’acte et son lien à l’angoisse à partir du cas d’un jeune sujet paranoïaque qui, soutenu par le travail analytique, lutte pour ne pas rejoindre la position d’objet à laquelle peut le réduire les risques qu’entraîne la dimension du passage à l’acte.

Adolescence, 2008, T. 26, n°3, pp. 673-679.

Serge Lesourd : les enfants de Schreber : l’acte adolescent au temps de la vacuité de l’autre

En repartant des études sur Schreber, l’auteur dégage cette part particulière du rapport paranoïaque à l’Autre et aux autres, l’autre me veut quelque chose, comme structure des rapports interhumains dans le monde actuel organisé par le libéralisme. Ce rapport paranoïaque au semblable construit une modalité de rapport à l’acte qui propose une réalisation totale de la jouissance qui n’est limitée que par l’impuissance. Du coup, le sujet se trouve inscrit dans un rapport au semblable qui est fait de violence face aux empêchements à jouir qu’impose toute vie en société, et les rapports interhumains virent à la violence contre l’autre persécuteur. Les adolescents témoignent, on ne peut mieux, de ce nouveau mode de lien social.

Adolescence, 2008, T. 26, n°3, pp. 613-626.

Serge Lesourd : la clinique de l’adolescence c’est le politique

Dans cet article, en prenant appui sur la clinique de l’acte, il s’agira de montrer en quoi la psychopathologie adolescente témoigne de l’état du lien social dans lequel grandissent les adolescents en souffrance. Les psychopathologies extrêmes seront ainsi envisagées comme la réussite du lien politique moderne, le libéralisme qui prône la réalisation de soi au travers de performances qui réalisent la jouissance sans limite et le refus de la maladie humaine : la castration.

Adolescence, 2009, T. 27, n°2, pp. 297-312.

Régine Gossart : quel cadre pour l’acte ?

De plus en plus souvent, nous rencontrons des patients dont le mode de fonctionnement psychique présente des difficultés dans les processus de symbolisation et des zones clivées où se trouvent enkystées des expériences précoces dont les traces sont restées inscrites sous leur forme première, c’est-à-dire essentiellement corporelle. Ces traces font alors retour sous la forme d’agis ou de somatisations. Il existe des cadres thérapeutiques permettant la rencontre, dans un accordage entre patient et thérapeute, et la contenance de ces manifestations agies qui ne sont dès lors plus considérées comme “ passages à l’acte ” mais comme des “ passages par l’acte ” afin d’être reprises dans les processus de transformation psychiques.

Adolescence, 2009, T. 27, n°1, pp. 99-106.