Argumentaires des numéros à paraître

 la Revue est semestrielle
Année 2019

Les auteurs souhaitant proposer un article pour le numéro VIOLENCE EN PSYCHIATRIE doivent le faire parvenir selon les modalités des recommandations aux auteurs.

Argumentaire du numéro : VIOLENCE EN PSYCHIATRIE 
à paraître le 15 septembre 2019, date limite de réception des articles 15 février 2019

Si violence et adolescence semblent aller souvent de pair, en particulier concernant la psychiatrie, la violence a-t-elle réellement pris de nouvelles formes chez les adolescents contemporains ? Le numéro Violence en psychiatries’efforcera de prendre en compte les nouvelles manifestations de la violence, mais aussi les nouvelles formes de sa stigmatisation, qui dissimule les discriminations sociales sous le masque d’une violence incontrôlable qu’il s’agirait de réprimer.

Si violence et adolescence semblent aller souvent de pair, en particulier concernant la psychiatrie, la violence a-t-elle réellement pris de nouvelles formes chez les adolescents contemporains ? Le numéro Violence en psychiatries’efforcera de prendre en compte les nouvelles manifestations de la violence, mais aussi les nouvelles formes de sa stigmatisation, qui dissimule les discriminations sociales sous le masque d’une violence incontrôlable qu’il s’agirait de réprimer.

Il faut pourtant souligner la dimension différenciatrice et séparatrice de la violence, ainsi que son potentiel de réorganisation psychique. Qu’elle s’incarne dans l’agir violent, la parole menaçante, l’extrême repli sur soi ou l’agressivité plus ou moins contenue, les violences froides ou chaudes peuvent compromettre la cohésion familiale et sociale. C’est dans les cas où le trouble désordonne la famille et le sociusque la violence arrive en psychiatrie. Comment l’accueil en psychiatrie est-il susceptible de réguler ou au contraire de majorer les violences adolescentes ?

La violence met en tension l’agrégation au groupe et la force qui pousse à s’en extraire, la tendance collective et la tendance individuelle. Car la violence agie se situe entre la défense et l’attaque, entre celle que l’on subit et celle que l’on exerce. Quand le sexuel pubertaire anime l’enfant de pulsions grégaires pour vivre sa sexualité dans le monde, il le pousse aussi à imposer son ordre pour assurer sa sécurité. Parler de violence en psychiatrie de l’adolescent, n’est-ce pas se situer sur le lieu de ces contradictions humaines, en évaluant les moyens dont on dispose pour les résoudre ?

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Argumentaire du numéro :  LES SEXUALITÉS à paraître le 15 mars, ce numéro est clos depuis le 15 septembre 2018

De nos jours, devrait-on parler non plus de la sexualité, mais des sexualités des adolescents ? Les nouvelles technologies ont considérablement changé la donne : connexion permanente démultipliant les « contacts », images et vidéos partagées, pornographie en libre accès…  Si l’amour et la sexualité ont conquis les écrans et parcourent les réseaux sociaux, ces formes actuelles ont-elles pour autant profondément modifié les représentations et les conduites des adolescents ? La sexualité des adolescents n’aurait-elle changé qu’en surface, malgré ses nouvelles formes ? On peut s’interroger sur les effets de l’évolution sociétale sur cet âge de la vie, marqué par l’entrée en force du courant sensuel : comment appréhender l’impact des bouleversements socio-culturels contemporains sur les sexualités adolescentes ?

L’échelle de Kinsey, qui remonte à 1948, faisait de l’hétérosexualité et de l’homosexualité les deux extrémités d’un continuum doté de sept catégories. Il s’agissait déjà de sortir d’une logique binaire – homme-femme/hétéro-homo – et de créer de nouvelles catégories : la pan-sexualité, l’a-sexualité, l’ambi-sexualité, l’allo-sexualité, la transsexualité, le mouvement queer, etc. Si de nos jours, Internet et les réseaux sociaux tiennent informés les adolescents sur les sexualités plurielles, que nous apprennent les consultations ambulatoires dédiées aux troubles de l’identité de genre ?

Par ailleurs, dans quelle mesure la sexualité des adolescents peut-elle réellement surgir et être abordée dans les cures ? Au-delà du risque d’une confusion de langue, quels effets peuvent produire son évocation lors de la rencontre avec l’adolescent ? On peut alors réinterroger les fonctions identificatoires endossées par l’adulte, ou encore par l’analyste. À cet égard, face aux adolescents d’aujourd’hui, quelles bousculades contre-transférentielles ?

Enfin, quel sens prend la sexualité compulsive à l’adolescence ? À l’époque de la pornographie en libre accès, du cybersexet du cam-to-cam, comment associer l’excitation sexuelle au sentiment amoureux, tout en restant suffisamment dégagé de la question de la performance ? Comment comprendre par ailleurs l’agir sexuel violent à l’adolescence ? L’ « hypersexualité » qui caractérise certains tableaux cliniques à l’adolescence semble être une expression de la démesure du sexuel infantile qui viendrait déjouer le travail de refoulement. S’agirait-il en outre d’une lutte contre l’angoisse, la menace dépressive voire l’effondrement mélancolique ?

Revue trimestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines