Argumentaires des numéros à paraître

 la Revue est semestrielle 

Les auteurs souhaitant proposer un article pour le prochain numéro, doivent le faire parvenir selon les modalités des recommandations aux auteurs à la date ci-dessous.

Année 2019
À paraître le 15 mars : LES SEXUALITÉS
date limite de réception des articles 1erseptembre 2018

Argumentaire du numéro :  LES SEXUALITÉS

De nos jours, devrait-on parler non plus de la sexualité, mais des sexualités des adolescents ? Les nouvelles technologies ont considérablement changé la donne : connexion permanente démultipliant les « contacts », images et vidéos partagées, pornographie en libre accès…  Si l’amour et la sexualité ont conquis les écrans et parcourent les réseaux sociaux, ces formes actuelles ont-elles pour autant profondément modifié les représentations et les conduites des adolescents ? La sexualité des adolescents n’aurait-elle changé qu’en surface, malgré ses nouvelles formes ? On peut s’interroger sur les effets de l’évolution sociétale sur cet âge de la vie, marqué par l’entrée en force du courant sensuel : comment appréhender l’impact des bouleversements socio-culturels contemporains sur les sexualités adolescentes ?

L’échelle de Kinsey, qui remonte à 1948, faisait de l’hétérosexualité et de l’homosexualité les deux extrémités d’un continuum doté de sept catégories. Il s’agissait déjà de sortir d’une logique binaire – homme-femme/hétéro-homo – et de créer de nouvelles catégories : la pan-sexualité, l’a-sexualité, l’ambi-sexualité, l’allo-sexualité, la transsexualité, le mouvement queer, etc. Si de nos jours, Internet et les réseaux sociaux tiennent informés les adolescents sur les sexualités plurielles, que nous apprennent les consultations ambulatoires dédiées aux troubles de l’identité de genre ?

Par ailleurs, dans quelle mesure la sexualité des adolescents peut-elle réellement surgir et être abordée dans les cures ? Au-delà du risque d’une confusion de langue, quels effets peuvent produire son évocation lors de la rencontre avec l’adolescent ? On peut alors réinterroger les fonctions identificatoires endossées par l’adulte, ou encore par l’analyste. À cet égard, face aux adolescents d’aujourd’hui, quelles bousculades contre-transférentielles ?

Enfin, quel sens prend la sexualité compulsive à l’adolescence ? À l’époque de la pornographie en libre accès, du cybersexet du cam-to-cam, comment associer l’excitation sexuelle au sentiment amoureux, tout en restant suffisamment dégagé de la question de la performance ? Comment comprendre par ailleurs l’agir sexuel violent à l’adolescence ? L’ « hypersexualité » qui caractérise certains tableaux cliniques à l’adolescence semble être une expression de la démesure du sexuel infantile qui viendrait déjouer le travail de refoulement. S’agirait-il en outre d’une lutte contre l’angoisse, la menace dépressive voire l’effondrement mélancolique ?

Revue trimestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines