Tous les articles par Admin

D. J. Kuss, M. D. Griffiths : la dépendance aux jeux vidéo sur Internet : une revue systématique des recherches empiriques disponibles dans la littérature

L’activité de « jouer » est présente depuis toujours dans l’histoire de l’humanité, et Internet émergea comme un terrain de jeu dont la population de joueurs est en croissance continue. Des recherches suggèrent que les joueurs sur Internet présenteraient des symptômes traditionnellement associés aux addictions avec substances, tels que des modifications de l’humeur, une tolérance et une saillance comportementale. Parce que le savoir scientifique d’aujourd’hui sur les jeux sur Internet est abondant et apparaît relativement complexe, cette revue de la littérature a pour but de réduire cette confusion en procurant un cadre de travail innovant dans lequel seront catégorisées toutes les études menées jusqu’à ce jour. Un total de 58 études empiriques est inclus dans cette revue de la littérature. Il existe des polémiques sur l’addiction aux jeux sur Internet suivant un continuum, depuis l’existence d’antécédents en étiologie et facteurs de risque, jusqu’au développement d’une addiction complète, suivi de ramifications en termes de conséquences négatives et de traitement possible. Les résultats sont évalués ici et des propositions avancées pour de futures recherches.

Adolescence, 2012, T. 30, n°1, pp. 17-48.

Serge Tisseron : Introduction

Les pratiques vidéo ludiques sur Internet intéressent de plus en plus de thérapeutes, et c’est tant mieux ! La revue Adolescence y a déjà consacré deux numéros : le premier sur le Virtuel (2004, T. 22, n°1) et le second sur Les Avatars (2009, T. 27, n°3), ces créatures de pixels qui nous permettent d’entrer dans les espaces numériques et d’y interagir.

Adolescence, 2012, T. 30, n°1, pp. 1-15.

Anne-Marie Paul : Le secret au cœur de l’adolescence dans l’œuvre d’annie ernaux

« Écrivez la lettre que vous n’avez jamais écrite. » Telle est la proposition éditoriale lancée en 2011 par la collection Les Affranchis à plusieurs écrivains majeurs. « Quand tout a été dit sans qu’il soit possible de tourner la page, écrire à l’autre devient la seule issue », suggère l’éditrice… ou entrer en psychanalyse, pourrait-on ajouter. Il s’agit donc de « s’affranchir d’une vieille histoire ». Annie Ernaux répond la première à cette invitation avec L’autre fille, lettre adressée à la sœur qu’elle n’a pas connue, décédée avant sa naissance, et y met en lumière une des « zones d’ombre » de sa vie qu’une œuvre entièrement autobiographique nous a depuis plus de trente ans rendu familière.

Adolescence, 2012, T. 30, n°2, pp. 463-473.

Mickaël Benyamin : Sur le fil du rasoir

Fanny Dargent et Catherine Matha nous offrent une réflexion basée sur leurs expériences cliniques auprès d’adolescents qui se scarifient. L’objet de ce livre n’est d’ailleurs pas  les scarifications, mais plutôt la rencontre avec des adolescentes qui utilisent la blessure corporelle  comme principal recours contre la souffrance narcissique-identitaire.

Adolescence, 2012, T. 30, n°2, pp. 455-462.

Isée Bernateau : La solitude, entre rencontre de l’intime et arrachement à soi

Renversant la perspective commune qui voit dans la solitude une capacité à être dans l’absence, D. W. Winnicott montre que la solitude s’apprend en réalité dans et par la présence, et qu’elle est une capacité qui ne peut se développer dans un premier temps qu’en présence de la mère : « Le fondement de la capacité d’être seul est donc paradoxal puisque c’est l’expérience d’être seul en présence de quelqu’un d’autre ». C’est à ce génial paradoxe winnicottien que s’ancre et s’arrime Sébastien Dupont, psychologue et docteur en psychologie, dont la pratique auprès d’enfants et d’adolescents dans un service de psychiatrie infanto-juvénile l’a conduit à développer une réflexion approfondie sur les liens entre solitude et attachement.

Adolescence, 2012, T. 30, n°2, pp. 447-453.

Emmanuelle Boë, Karine Lestideau, Georges Papanicolaou, Tahra Moulay, Chantal Wernoth : escale-ado, une vraie-fausse maison des adolescents

L’Escale Ado est née en 2010 du regroupement de deux unités de la Clinique Dupré : le Relais et le CATTP, un pôle d’accueil et un pôle thérapeutique. La pluridisciplinarité des approches proposées, l’inscription dans un réseau de structures d’amont et d’aval, apparentent l’Escale Ado à la famille des Maisons pour Adolescents. À partir de deux vignettes cliniques, nous soulignons la pertinence de poser un cadre d’évaluation dans une structure d’accès aux soins, les perspectives thérapeutiques qui peuvent en découler, comme le décloisonnement entre les lieux, et les passages possibles qui permettent de proposer un soin, sur mesure, aux adolescents et jeunes adultes.

Adolescence, 2012, T. 30, n°2, pp. 433-446.

Rahmeth Radjack, Agathe Benoit De Coignac, Gesine Sturm, Thierry Baubet, Marie Rose Moro : comment accueillir et soigner les mineurs isolés étrangers ? une approche transculturelle

Les problématiques des jeunes isolés étrangers que nous recevons dans les Maisons des Adolescents sont complexes et font l’objet de peu de travaux en santé mentale. Ces adolescents doivent traverser seuls la période de construction identitaire qu’est l’adolescence et ont souvent vécu des traumatismes répétés et des deuils multiples. Il paraît donc pertinent d’offrir à ces jeunes un espace, comme celui des consultations transculturelles, qui leur permette de s’appuyer sur leur langue maternelle, leurs représentations culturelles, et qui tienne compte du vécu pré, per et post-migratoire de chaque adolescent pour relancer une dynamique processuelle dans sa construction identitaire.

Adolescence, 2012, T. 30, n°2, pp. 421-432.

Laurence Manzano, Marie Rose Moro : l’atelier maquillage

Cet article décrit une médiation originale utilisée dans une Maison des Adolescents : l’esthétique. L’activité,  menée par une socio-esthéticienne professionnelle et un des membres de l’équipe institutionnelle, est très demandée par les adolescentes et permet d’importants changements dans les représentations que les adolescentes ont de leur propre corps. Par l’intermédiaire de modalités esthétiques adaptées à ce qu’elles désirent, demandent ou ont envie d’essayer, les adolescentes apprennent progressivement à se soucier d’elles-mêmes, de leurs désirs et de leur beauté. L’ensemble de ce qui est vécu par les adolescentes est repris et élaboré dans le cadre thérapeutique.

Adolescence, 2012, T. 30, n°2, pp. 411-419.

Martine Kagan, Eugénie De Mortemart, Maryline Bellieud-Vigouroux, Marie Rose Moro : au pays des miroirs. se soigner par le vêtement

Nous présentons ici un atelier thérapeutique qui utilise comme médiation le vêtement. Mené par une éducatrice et une styliste dans le cadre d’une Maison des Adolescents, cet atelier permet de travailler sur l’image du corps et ses distorsions, sur l’estime de soi, sur les enveloppes et sur les préoccupations corporelles des adolescentes. Il est tout à la fois lieu de rencontres et d’expériences intimes autour de l’être et du paraître du soi adolescent.

Adolescence, 2012, T. 30, n°2, pp. 401-409.

Camille Zimmerman, Gabriela Guzman, Alice Titia Rizzi, Hawa Camara, Marina Rusha, Marie Rose Moro : à propos du psychodrame psychanalytique individuel

Cet article traite du psychodrame psychanalytique individuel en Maisons des Adolescents. Après une rapide présentation du dispositif proposé en ce sens à la Maison de Solenn, inspiré de la psychanalyse individuelle, de la psychanalyse des groupes et de la clinique transculturelle, sera déployé le récit du suivi d’une jeune fille adoptée à l’internationale, Anna, dans un parcours psychodramatique à l’épreuve de l’abandon, de la séparation et de la question des retrouvailles.

Adolescence, 2012, T. 30, n°2, pp. 391-399.